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Les Débuts...

Musique industrielle

La musique industrielle, ou indus, est un genre à la croisée de la musique expérimentale et de la musique électronique. Elle est également une pépinière de sous-genres extrêmement variés, mêlant bruitisme, imagerie extrême, échantillonnages et collages sonores, instruments rock ou électroniques.

Fondements

Genre particulièrement protéiforme, la musique industrielle (ou indus) puise ses racines dans les travaux et les réflexions des futuristes italiens du début du XX e siècle et les expérimentations sonores de John Cage dans les années 1950. Ces influences se sont cristallisées dans les années 1970 en réaction à l'inanité de la musique de l'époque, dominée par le star-system et la mercantilisation de la musique.

 

 

 

 

Après une phase d'élaboration dominée par une forte imprégnation idéologique, la musique des fondateurs a subi de nombreuses influences pour accoucher d'une descendance extrêmement variée de genres et de sous-genres musicaux.

Industriel

Véritable fondement de l'ensemble de la mouvance, l'industriel des débuts se distingue surtout par ses auteurs, la recherche artistique au travers de performances extrêmes, une attitude et un message hautement provocateur. La plupart des fondateurs de l'industriel ne sont pas spécialement musiciens, mais plutôt des intellectuels et des artistes performers, cherchant à secouer par un discours engagé un carcan social ou politique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Esprit

Que se cache-t-il derrière ce nom, cette étiquette ? Plus de trente années après sa création (aux milieux des années 70) cette étiquette et les groupes ou les artistes qui y sont rattachés inquiètent encore. Ce n'est que depuis quelques années que l'on commence à « avoir moins peur » de ce mouvement qui n'en est pas un sans doute lié au succès grandissant et mérité des groupes phares tels que Einstürzende Neubauten, Laibach ou de l'artiste Genesis P Orridge (Throbbing Gristle, Psychic Tv, Thee Majesty) ainsi qu'au relatif succès des musiques post-industrielles basés sur la musique électronique.

La réception de la musique industrielle en France a toujours été douloureuse. Seuls quelques initiés ont suivi ce mouvement qui s'est plus largement répandu dans les pays de l'est et du nord de l'Europe. On peut relever en filigrane dans cette attitude très réservée de la scène culturelle française à l'égard de la musique industrielle la dichotomie qu'elle n'arrive pas à dépasser entre culture au sens noble du terme et culture populaire. Les adeptes de ce courant pensent que les nouveaux manifestes littéraire, poétique et philosophique se situent au coeur de la scène industrielle tandis que la culture française attend toujours de pied ferme ses nouveaux concepteurs (poétique, littéraire, philosophique) dans le domaine de l'écrit, alors que ceux-là, celles-là ont changé de média depuis longtemps.

 

 

 

 

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Ce mouvement a aussi ouvert une boîte de pandore par l'utilisation et la manipulation de symboles idéologiques, politiques, religieux, sexuels et criminels. C'est certainement ce qui lui a coûté le plus cher en terme d'image auprès du public ; par le biais de cette critique, somme toute réussie, des groupes ou des personnes se réclamant réellement d'idéologies extrêmes se sont engouffrés dans ce chemin. C'est aussi le côté le plus sordide du mouvement industriel. Il n'est pas rare de voir, aujourd'hui encore, des groupes identitaires se réclamer de la musique industrielle ou encore des groupes aux pratiques extrémistes plus que douteuses. Le mouvement de la musique industrielle n'est pas un mouvement innocent, loin de là. Il ne l'a jamais caché d'ailleurs.

Ce qui a eu comme conséquence de consolider la déjà mauvaise réputation de ce mouvement :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les protagonistes de la musique industrielle n'ont eu cesse d'explorer nos cauchemars et nos rêves. Tout ce qui a constitué notre monde post-moderne a été passé au crible par les groupes ou les artistes se rattachant de près ou de loin à la musique industrielle (savoir, connaissance, organisations politiques, religieuses, sociétés savantes, sociétés secrètes, services secrets, organisations militaires et para-militaires, commerce, activisme politique que ce soit de gauche ou de droite, utilisations, manipulations de symboles, sexualité, pornographie, sexualité déviante, transsexualisme, violences, scarifications rituelles ou non, activités criminelles, psychopathes, techniques de contrôle). On consultera avec profit les premiers numéros (normalement ré-édités ??) du Journal underground RE/SEARCH.

 

 

 

 

 

- Ceux, celles qui en connaissaient les raisons profondes se sont retirés petit à petit d'une diffusion plus large vers le public pour se limiter à une communauté très restreinte de diffusion.

- D'autres groupes ont été amenés à revoir leurs politiques provocatrices obligeant à clarifier leur position que ce soit du bon côté ou du mauvais.

- D'autres continuent à jouer les téméraires au risque de perdre toute crédibilité.

- Puis on a vu revenir ce savant mélange entre occultisme et extrême droite jouant sur cette thématique de la manipulation des symboles et des techniques de contrôle. Au public de déterminer la réception du message et la manière dont il l'interprète, explique son degré d'implication dans telle ou telle idéologie. Bien sûr il ne s'agit plus de dénoncer mais de créer un trouble, un flou afin que l'inacceptable devienne potentiellement acceptable.

- En conséquence cette scène ne connut le succès qu'à partir du moment où elle abandonna ce qui la nourrissait. D'une manière générale le mouvement techno abandonna certaines des théories les plus sulfureuses pour ne retenir que l'esprit de liberté régnant (les free parties et autres technivals). Bref le succès se paie par l'abandon des démonstrations les plus dérangeantes. Le seul angle d'attaque restant, pour les médias, était de s'attaquer à l'influence de la drogue lorsque ces soirées libres devenaient trop prégnantes ou populaires...

 

 

 

 

 

 

 

Genesis P. Orridge explique que l'origine du mot « industriel », se réfère à l'industrie de la musique, à l'industrialisation de notre monde mais aussi à ce qui opère sur nous, ce qui nous contrôle. Le « blues » est né de l'esclavage. Mais personne ne se pose la question de savoir ce qui produit cet esclavage donc le « blues ». Il suffit de se poser la question et de relire le mot « industriel » pour en comprendre son origine. Il suffit de suivre le regard du chanteur de « blues » non pas vers la profondeur de ce qu'il ressent mais vers cette maison « Victorienne » qui contrôle sa vie. (d'après une interview de Genesis P. Orridge in Industrial culture handbook).

Une courte histoire du mouvement

Emmanuel Grynszpan a écrit une excellente et très documentée histoire de ce mouvement : LA MUSIQUE INDUSTRIELLE malaise dans la culture. Il reprend les idées fondatrices du mouvement et les compare aux autres styles musicaux d'avant-garde avec cette perspective du « malaise dans notre culture ». On lira aussi, avec profit, La pré-histoire de la musique industrielle de Brian Duguid (en Anglais) qui replace la scène industrielle par rapport à l'histoire des mouvements artistiques. [Les deux textes sont assez proches.]

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les années 70 sont une charnière importante de notre histoire. Nul-le ne le contestera. Musicalement le rock commence à s'essouffler. Le Punk marque cette rupture avec un rock vieillissant et annonce les futurs conflits sociaux tout en prônant une position cynique (la grande escroquerie du rock des Sex Pistols). Les Clash viendront relever le niveau. Le punk est à l'image de ce dont le système marchand à besoin pour limiter les dégâts, faire baisser la pression. Une musique agressive, hargneuse à souhait, chargée d'énergie qui doit se consumer très rapidement (Morceaux courts, saturés de sons à la limite du bruit, critique pseudo-radicale qui vient en contradiction avec la longueur des morceaux du rock progressif, des musiques planantes). Bref, il faut signifier une urgence, une rupture à la fois réelle et infantile qui doit réveiller, tirer de la torpeur dans le but d'alerter : le « no future » du Punk empêche toute affirmation positive, toute construction d'une réflexion pour se noyer dans une sorte de contestation sociale juste mais sans fondement précis et auto-destructrice. C'est dans ce contexte que se préparent les activismes beaucoup plus pensés et maîtrisés de la musique industrielle.

Quant à cet article, après une présentation des théories qui dirigent ce mouvement il tentera de dégager, de dégrossir les grands thèmes issus de la scène post-industrielle car, au-delà, d'un simple mouvement musical, la scène post-industrielle s'est emparée de ce média pour renouveler l'idée de culture industrielle insufflée par ses prédécesseurs.

À ce propos Emmanuel Grynszpan pose très bien le problème en rappelant, à la fin de son étude, qu'il n'existe aucune politique publique sérieuse de conservation des œuvres liées à ce mouvement dont l'importance n'est plus à démontrer et constitue « le chaînon manquant menant aux musiques électroniques actuelles (ambient, electronica, trip hop, techno, etc.) » (E. Grynszpan) Chaînon d'autant plus intéressant qu'il ne se réfère ni à la musique savante (celle de l'IRCAM par exemple) ni à la musique populaire (le folklore) mais s'identifie à la tradition populaire de masse (référence aux médias de masse donc à la culture de masse).

l'origine du mythe, le punk et les annees 70

De même que les grands mouvements artistiques (Dadaïsme, Constructivisme, Surréalisme, Futurisme, Bauhaus) sont nés dans des périodes charnières de l'histoire sociale, politique et intellectuelle de même la musique industrielle est née, elle aussi, à une époque charnière de notre histoire. La musique industrielle a toujours utilisé les médias de masse pour diffuser ses idées et ses œuvres. De plus, le mouvement, s'est toujours identifié au populaire plutôt que le contraire. Bref, la musique industrielle utilise les moyens de diffusion massif pour contrer ce dernier mais avec une diffusion souvent plus que confidentielle (entre 500 et 1000 exemplaires en moyenne) ! Ce n'est là que l'une de ses très nombreuses contradictions que E. Grynszpan justifie par le coût élevé de production pour les artistes ainsi que la volonté des acteurs du mouvement de rester confidentiels « Keep it underground ! ».

 

 

 

 

 

 

 

Un livre devenu la bible de la culture industrielle

Hormis une multitude de fanzines plus ou moins obscurs aux tirages très limités il n'existe rien de tangible qui atteste de la scène industrielle. Cette scène serait passée probablement inaperçue s'il n'y avait pas eu le travail d'arpenteurs infatigables du journal puis du magazine RE/SEARCH ; magazine qui s'est toujours intéressé aux cultures underground, souterraines. Il faut donc saluer et remercier le travail d'Andrea Juno et de Vale d'avoir su recueillir juste avant que la mouvement ne disparaisse complètement au profit de la scène post-industrielle les témoignages et interviews des principaux protagonistes et organisateurs de ce qui allait devenir un mouvement. Bref le Industrial Culture Handbook (manuel de la culture industrielle) est devenu une pièce essentielle du puzzle, une sorte de bible pour qui veut savoir de quoi on parle exactement.

Selon Jon Savage, préfacier du livre cité plus haut, la scène industrielle se distingue à travers quelques points communs. Il faut rappeler qu'il n'y a pas de leader patenté ni de mentor étant donné que les artistes ou les groupes travaillent sur des thèmes proches d'où l'idée de culture  :

-Organisation autonome : choix de créer ses propres réseaux de fabrication et de diffusion. Inutile de passer par des compagnies de disques officielles.

-Accès à l'information : « Guerre de l'information » signifie que la lutte pour le contrôle n'est plus physique (conquérir un pays) mais liée à la communication. Quelles sont les techniques de dissémination et de propagande de l'information ?

-Utilisations de sons synthétisés et de l'anti-musique : (Bien qu'aujourd'hui cela nous semble normal.) Recherche musicale (?) poussée afin de recréer l'ambiance sonore de notre monde actuel par l'utilisation de sons synthétisés et non musicaux.

-Utilisations d'éléments extra-musicaux : (là aussi, évident pour nous aujourd'hui.) Intégration d'éléments littéraires, philosophiques, spirituels, sexuels, de vidéos lors des concerts, dans les disques, livrets accompagnant les disques.

-Tactiques de chocs: utilisations d'éléments oppressifs lors de concerts (infra basses, arcs électriques, verre pilés, murs sonores) afin de montrer le conditionnement des personnes et leur capacité à supporter de telles attaques. Cabaret Voltaire, Throbbing Gristle, SPK provoquaient volontairement l'audience publique dans ce sens.

Incontestablement ces trois groupes marqueront l'histoire, très courte, de la musique industrielle et de son label éponyme Industrial Records :

1.Throbbing Gristle : Groupe anglais formé en 1976, bras médiatique du groupe de performers COUM Transmissions, fondateur du mythique label Industrial Records en vue de distribuer leurs enregistrements, Throbbing Gristle se distingue par des performances particulièrement extrêmes aussi bien sur le plan musical (utilisation d'infra-basses) que visuel (projection d'images insoutenables, de pornographie, d'uniformes nazis) qui font leur renommée. Throbbing Gristle éclate en 1981; par la suite, ses anciens membres fondent d'autres projets industriels séminaux tels que Coil, Psychic TV ou Chris & Cosey.

2.Cabaret Voltaire : Également d'origine anglaise, apparu en 1974 dans une mouvance post-punk, ce groupe s'est intéressé au détournement de sons et de discours, au travail sur bandes magnétiques, dans une approche dadaïste de collage sonore. Par la suite, le groupe a évolué vers une musique électronique plus dansante, moins expérimentale et pour beaucoup, moins intéressante. Les projets solo de Stephen Malinder ou de Richard H. Kirk renoueront et renouvelleront la critique sociale et médiatique entamée à partir de Cabaret voltaire.

3.SPK : Projet de Graeme Revell, fondé en Australie en 1978, migré en Europe par la suite, SPK est l'acronyme de Socialists Patients Kollective (groupe de malades mentaux inspirés par les terroristes Baader et Meinof). La très forte influence psychanalytique du groupe vient de Graeme Revell qui a travaillé dans un asile pour malades mentaux. SPK incorpore une musique bruitiste et violente, des sons électroniques et des rythmiques métalliques très déroutantes produisant une saturation d'informations à la fois physique et psychique s'identifiant au chaos que produit une société saturée par l'information. SPK s'essaiera à une musique électronique plus dansante mais les textes très provocateurs l'empêcheront d'avoir du succès. Par la suite le groupe marquera une dernière étape majeure avec l'album Zamia Lehmani, véritable tournant mystique et spirituel. Aujourd'hui Graeme Revell est un compositeur de musiques de film reconnu.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une fin ?

Si le début est à peu près identifiable les raisons qui ont poussé a terminer le mouvement le sont moins. Genesis P. Orridge met en avant le fait que de nombreux artistes les imitaient et qu'il était temps de mettre un terme à cette imitation et de passer à autre chose. Seuls Cabaret Voltaire, NoN, Psychic tv (ex Throbbing Gristle), SPK, Z'ev survécurent au mouvement en tant que tel mais tous prirent de nouvelles directions ou il y eut des remaniements dans les groupes.

Il faut dire que la plupart de ces groupes travaillaient sur le thème de la violence. Une violence crue, brutale voire malsaine dans certains cas. Était-il donc possible de continuer sous cet angle pendant longtemps sans que les artistes en subissent eux-mêmes les conséquences physiques, psychiques et sociales ?

Néanmoins ce qui a rassemblé ces groupes et ces artistes est une sorte d'identification, de travail sur des idées proches évoluant autour d'un même concept : dénoncer la violence et la brutalité de notre société sur plusieurs niveaux : violence sur le corps (physique, psychique), sur la société (corps social) sur les limites acceptables individuelles (déviances, criminalité) et sociales (déviance médiatique, pouvoir à tendance totalisante). La question qui reste ouverte est donc celle du terrain de l'emprise de cette violence dans le monde réel. Terrain que va investir la scène post-industrielle.

Le debut des annees 80 et la scene post-industrielle

Le projet de la musique industrielle est dissout dès le début des années 80. Le mythe peut alors commencer... Les dès sont jetés. Une myriade de groupes vont se réclamer directement ou indirectement du court, violent et riche mouvement industriel ou seront catalogués dans ce genre, faute de mieux, par leur utilisation non conventionnelle des instruments et de la musique. Toute une génération va s'identifier à cette thématique, dans ce monde alternatif et underground. Laibach, Einsturzende Neubauten, Test Dept, Nurse with wound, Hafler Trio, Nocturnal Emissions, Coil, Etant donnés, Die Form, Zoviet France, P16 D4, Asmus Tietchens, Lustmord, Cranioclast, Esplendor Geometrico, Merzbow, Le syndicat, Muslimgauze, 93 Current 93, Les Tambours du Bronx seront autant de groupes majeurs qui donneront une couleur bien particulière à la scène post-industrielle avec le plus souvent des œuvres inégalées pour l'ensemble de ces groupes.

Il existe tellement de groupes et sous-groupes parfois crééés uniquement pour des projets spécifiques qu'il est impossible de rendre compte exactement de l'ensemble du mouvement. Néanmoins voici quelques descriptions de 3 des groupes les plus importants et marquants. A noter l'existence de l'ouvrage Tape Delay qui est à la scène post-industrielle ce que le industrial culture handbook est à la première scène.

 

 

 

 

 

 

L'art de la transgression

Il est impossible de parler de la scène industrielle sans revenir sur cette idée sous-jacente qui a traversé le mouvement. Affirmer qu'un mot est utilisé afin d'en contrôler son contenu n'est pas suffisant. « Pornographie » appartient à cette catégorie par exemple. Et chacun s'accorde à en respecter les règles à la fois implicites et explicites par le contrôle plus ou moins strict qu'il en donne. Cependant suggérer d'aller au-delà des tabous donc de transgresser une règle, une loi peut être catastrophique s'il n'y a pas, au départ, une bonne compréhension de lois humaines fondamentales. Tout le problème de la transgression serait de s'autoriser à faire tout et n'importe quoi au titre de la transgression.

Au contraire, une idée ou un concept qui voudrait exprimer une transgression ne peut l'être que si la personne incorpore en elle-même une certaine discipline, une certaine rigueur qui lui permettra d'aller au-delà sans atteindre les lois humaines fondamentales. Cela peut paraître paradoxal que d'affirmer cela et pourtant le lieu même où rigueur et éthique s'expriment le mieux c'est l'art.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Test Dept :

s'impliquera et soutiendra la lutte des mineurs anglais de l'ère Thatcherienne. Très politisé il créera des œuvres rares et denses aux sonorités poétiques inspirées par les textes, manifestes des ouvriers anglais et brutales utilisant le corps comme moyen d'expression pour transmettre l'énergie de la colère via une instrumentation basée uniquement sur des percussions et des cuivres. L'album éponyme de cette période est Shoulder to Shoulder (épaule contre épaule), album réalisé avec la chorale des mineurs anglais. Rude et abrasif à souhait, inégalé et inégalable. Par la suite le groupe choisira une voix plus artistique et spirituelle. Ce qui donne une musique forte, inclassable, théâtrale sans parler d'un talent inné pour l'organisation de concerts insolites partagés entre théâtre, musique et performance. Au tout début des années 90 le groupe signera deux albums testaments. Pax Britanica, sorte d'oratorio aux sonorités symphoniques et industrielles fortement poétique, littéraire et politisé. Totalement inclassable et réussi ! La version concert Proven in action donnera un dernier aperçu de ce que le groupe était capable de faire en concert sans utiliser des instruments amplifiés et en utilisant uniquement la force humaine ! Le groupe n'existe plus aujourd'hui. Par la suite quelques albums sortirent pendant les années 90 marquant un tournant nettement plus dansant et électronique sans grand intérêt renouant avec les tout premiers albums du groupe nettement plus réussis, inspirés, et provocateurs.

 

Einsturzende Neubauten :

groupe allemand fondé en 1980 s'est consacré initialement au recyclage musical des objets et outils les plus divers. Sa musique est violente et agressive, d'inspiration dadaïste, créée par des artistes proches du milieu autonome et anarchiste allemand. L'album Halber Mensch (sorti en 1985) est une étape marquante pour le groupe qui se dirige vers une musique plus construite et des paroles plus poétiques et maîtrisées. Par la suite, au cours des années 1990, leur musique a évolué vers une certaine sérénité, tout en gardant une approche bruitiste et intellectuelle et a écrit des musiques pour les pièces de théâtre de Heiner Muller. Le groupe est surtout reconnu pour ses performances scéniques et l'utilisation mélangée d'instruments conventionnels (guitare, basse) et d'instruments non conventionnels comme instruments de musique (surtout des percussions). Le groupe existe toujours avec son style musical, inclassable, reconnaissable entre tous et est devenu une référence incontournable.

 

Quant à Laibach :

il est impossible de comprendre ce groupe sans tenir compte de l'histoire de la Yougoslavie et de l'Europe en général. Ce groupe est la version intellectualisée et conceptualisée de Test Dept. Son image de marque est la création d'albums hautement conceptuels mêlant subtilement subversion, idéologie et poésie. L'album éponyme du groupe : Opus Dei sorti en 1986. Avec cet album, on est peut-être dans la quintessence de l'expression industrielle : réussir à démontrer quelles sont les techniques de contrôle de notre monde en parodiant des hymnes populaires des groupes Yes ou Queen révélant le contenu idéologique et totalisant implicite de ces chansons et en s'en moquant en les comparant à des marches militaires. C'est la naissance du mythe Laibach à l'ouest (À noter le morceau « How the west was won » -Comment on a conquis l'ouest- dans le même album) et aussi de la guerre menée contre ce groupe et ses protagonistes depuis.

À retenir le coffret, plus confidentiel, Krst Pod Triglavom sorti à la même époque qu'Opus Dei. Cet album renoue avec les fortes racines littéraires, historiques et poétiques du groupe mais aussi avec ses expérimentations sonores basées sur des formes musicales moins classiques que le rock donc moins à l'ouest et plus proche de l'esprit de l'est. Ce coffret est considéré comme le chef d'œuvre du groupe.

Aujourd'hui le groupe se fait plus rare et est devenu une sorte de référence, elle aussi, incontournable. On notera que Laibach est l'entité la plus connue d'une nébuleuse d'artistes slovènes rassemblée sous le nom générique de NSK qui comprend théâtre (Noordung), musique (Laibach), peinture (Irwin), affiches/propagande (NK), philosophie (department of pure and practical philosophy). Enfin tout bon fan de ces groupes se doit d'être citoyen de l'État utopique et artistique NSK.

Les lectures approfondies du philosophe et psychanalyste Slovène Slavoj Zizek et celles du philosophe Américain Alexei Monroe vous aideront à vous retrouver dans ce labyrinthe hautement provocateur. « Fondamentalement le travail des groupes liés au NSK représente une réponse artistique et culturelle face à la violence idéologique imposée par notre culture et sa théorie. » (Alexei Monroe- traduction personnelle.)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une scene francaise ?

La scène française est quasi inexistante hormis quelques groupes à retenir : Le Syndicat, Étant Donné, Die Form et Les Tambours du Bronx ainsi que le label Sordide Sentimental.

Étant donné :

aura réussi à créer une œuvre remarquable en quelques albums, films et performances théâtrales, incontournables. Groupe pluri-disciplinaire Etant donnés (en plus de la musique, théâtre, films, écrits), groupe dont l'esthétique repose sur les travaux de non moins célèbre Marcel Duchamp pour le nom du groupe qui fait référence à son œuvre la plus célèbre "Etant donnés" pour ne pas la citer, ainsi qu'aux écrits du sulfureux Antonin Artaud et son "Théâtre de la cruauté".

Les Tambours du Bronx :

LE groupe français de la scène post-industrielle le plus connu. Son œuvre est marquée par des percussions et une puissance scénique hors norme. Là aussi, un groupe devenu incontournable et un des derniers à continuer la tradition.

Die Form :

Excellente formation, elle aussi, pluri-disciplinaire (photos, clips, etc), dont l'esthétique en plus du "Théâtre de la cruauté" d'Artaud, fait référence à Sade "le divin marquis". L'œuvre est beaucoup plus chaotique.

Le Syndicat :

une œuvre relativement confidentielle. Si quelqu'un connaît mieux, merci de m'envoyer des infos.

 

Transposer le champ de recherche vers un autre media

Le principal apport de la musique industrielle et de la scène post-industrielle aura été de déplacer le champ des recherches d'un support vers un autre en utilisant un média de masse et populaire. En ce sens la scène industrielle a totalement réussi son pari afin de faire véhiculer des idées d'une manière non conventionnelle et créer des approches musicales différentes. Il n'est pas rare d'entendre dans un groupe techno actuel ce référent incontournable : utiliser le média musical pour transmettre des idées conventionnelles ou non. Ce qui pose en retour et d'une manière plus profonde la question du livre et de la transmission supposée du savoir qu'il contient. Est-il possible d'obtenir le même raport intime à la culture avec un média différent du papier et de l'écriture ?

Aujourd'hui le terme d'indus est passé dans le langage courant et tout le monde reconnaît le travail de défrichement que ces groupes ont réalisé en préparant ni plus ni moins le terrain à la scène techno et à toute une scène musicale qui n'existait pas auparavant. Mouvement souterrain et confidentiel, nul-le ne le niera, mais à l'influence plus que certaine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pourtant un probleme serieux subsiste...

De par son côté extrême, ses recherches sur la manière de communiquer d'une manière différente des idées en utilisant des médias populaires et de masse, en invoquant la théorie du contrôle (tout maîtriser de la fabrication à la diffusion mais aussi montrer comment un être, une population pouvaient être contrôlés) la scène industrielle est baignée par une théorie paranoïaque qui a permis à des groupuscules réellement extrémistes et parfois dangereux de transmettre leurs idées en s'appuyant sur les bases proposées par la scène industrielle.

L'article de Brian Duguid « La face inacceptable de la liberté » (le fascisme dans la musique industrielle) donne une image assez fidèle de ce qu'il s'est produit dans la scène industrielle une fois que la porte de la théorie paranoïaque a été enfoncée. Toutefois et toute proportion gardée il faut savoir que cette problématique ne concerne que des groupes très secondaires, peu innovateurs et qui ne font que profiter de cette faille de la scène industrielle, pas toujours très bien assumée, pour faire passer leur message extrême qui n'a plus rien à voir avec les fondements premiers.

 

 

 

Une part occulte a ne pas negliger

La scène post-industrielle sera aussi influencée par quelques personnages mythiques plus ou moins occultes et plus ou moins dangereux : Aleister Crowley (sorte de mage occulte moderne), A. O. Spare (sorte de chamane), Charles Manson (de si mauvaise réputation ; à ne pas confondre avec Marilyn Manson).

G. P. Orridge fut contraint de quitter l'Angleterre pour les États-Unis, accusé de satanisme et de tentative de manipulation à travers son Temple of Psychic Youth. Un des groupes dérivés de Psychic tv, Coil sera aussi accusé de satanisme. G. P. Orridge a finit par se tourner vers une sensibilité plus alchimique et moins occulte. Avec sa femme ils se considèrent comme une entité hermaphrodite et tentent d'aller au-delà des genres sexués. Current 93, très influencé par les travaux d'Aleister Crowley dans ses premiers albums, quittera cette voie assez rapidement. Que dire de cette influence ? C'est tout le problème vu dans le paragraphe précédant concernant l'art de la transgression et celui évoqué ci-dessus. Cette mauvaise influence a au moins servi a faire la part des choses. Bref à vouloir trop démontrer et démonter le système du contrôle certains groupes ou artistes se laissèrent contrôler par des pensées pas toujours très avouables.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour en finir avec la theorie du controle

La théorie du contrôle n'est pas un moyen ni une fin mais c'est renvoyer de manière abrupte ce que notre société est devenue : une société paranoïaque. L'évolution de l'artiste Chris Watson (ex Cabaret Voltaire, ex Hafler Trio) est a méditer. Ce dernier, depuis quelques années, n'enregistre plus que des paysages sonores, des éléments naturels sans aucune autre intervention que la qualité de l'enregistrement. Il rejoint toute une scène encore confidentielle qui s'intéresse aux phénomènes sonores naturels non organisés et qui tente d'en exprimer expérimentalement l'essence.

Voici une réponse inattendue à l'idée de contrôle et nous questionne en retour. Certes quand je prends ma voiture pour aller d'un endroit à l'autre je contrôle certaines choses à titre individuel et d'autres personnes en contrôlent d'autres du fait de la vie en société mais si je me porte vers les abords de la ville, je m'aperçois que je ne contrôle pas le paysage sonore généré par ses milliers de voitures qui roulent toutes en même temps. Toutes expriment un contrôle, pris individuellement, et socialement mais dont la généralité, l'universalité m'échappe totalement...

Industrielle : Musique ou Culture ?

Peut-on dire que la scène industrielle soit un genre musical ? Existe-t-il un genre propre, reconnaissable entre tous, qui donnerait une identité à la musique industrielle ? Doit-on y inclure l'utilisation d'instruments non conventionnels, la création d'ambiances oppressantes ou brumeuses à partir d'enregistrements naturels, bruts ou synthétisés ?

Il est assez difficile de définir un genre pour la musique industrielle, les principaux groupes se sont évertués à traverser les grands genres musicaux classiques : de l'anti-musique au rock en passant par des orchestrations symphoniques ou plus électroniques et acoustiques. Laibach, SPK et Test Dept sont de bons exemples de cette transversalité musicale. La raison en est simple, il ne s'agit pas de s'identifier à un genre musical mais d'utiliser tel ou tel genre musical afin d'exprimer, de transmettre une idée précise impossible à diffuser autrement.

C'est certainement l'apport le plus intéressant et intéressé de la scène post-industrielle, ne pas être identifiable à une étiquette mais utiliser et se servir des étiquettes existantes pour diffuser une idée ou un concept. Dès lors le terme de « culture » est beaucoup plus proche de la scène industrielle que du terme « musique » qui ne renvoie à rien en soi. Mais c'est aussi une évolution par rapport au titre bien senti de l'ouvrage culte, voir plus haut, Manuel de la culture industrielle, même si ce terme de « culture » n'était pas exactement pris dans le même sens que celui vu ici.

De quelle culture s'agit-il alors ? La scène post-industrielle a gardé les grandes thématiques de ses prédécesseurs et, en cela, nous restons dans une culture populaire mais pas au sens commercial du terme ni au sens politique mais au sens de ce qui fait folklore dans notre société moderne. Aujourd'hui notre folklore passe du « service secret » à « la théorie de l'information », des « mondes utopiques » à la « conquête de l'espace », « de l'utilisation des drogues » à « la fascination du merveilleux », de « l'oppression médiatico-étatique » à « la liberté la plus absolue », « de l'occultisme » à « la surabondance du savoir », des «genres sexuels » à la « question de l'identité humaine ».

En fin de compte la scène post-industrielle témoigne de cela et de rien d'autre. Tout comme l'affirmait le groupe SPK dans un de ses manifestes. « Une société qui est capable de créer l'inconscient est aussi capable de le contrôler par le biais des « us et coutumes » que la société fabrique et c'est le seul moyen qu'elle a trouver pour se perpétuer... » (traduction personnelle)

Pour en donner une forme effective il faudrait modifier les signes du zodiaque comme l'avait préconisé J. G. Ballard avec son Horoscope 2000. Le folklore de notre société n'a plus rien à voir avec les signes du cancer, du lion, du sagittaire. Voici énumérés les nouveaux signes zodiacaux selon l'auteur (sans leurs explications)  :

Le signe de la caméra, de l'ordinateur, du clônage, de l'adn, des paraboles (ou radio-télescopes, antennes paraboliques), du sexe shop, de la psychanalyse, de la seringue hypodermique, du vibro-masseur, de l'astronaute.

 

 

 

 

 

 

Metal-indus

Le métal-indus apparait dans le courant des années 1980, croisement de l'industriel en pleine évolution, et du métal qui connait son heure de gloire. Il était inévitable que certains groupes s'essayent une hybridation, mêlant les thématiques et les sons de l'industriel aux instruments et à la furie du métal. Les premiers albums des Swans, Voivod, Fœtus, Ministry, Godflesh, certains Die Krupps... donnent ses lettres de noblesse au genre, qui obtient finalement une véritable notoriété auprès du grand public avec Nine Inch Nails, Rammstein ou bien Fear Factory. Les français Punish Yourself, Treponem Pal, Mass Hysteria, Sin ... ne sont pas exclus du style.

Le métal-indus est probablement le seul sous-genre de la musique industrielle qui a rencontré un public abondant, au point que le terme s'est dévoyé jusqu'à englober certains groupes de crossover ou désigner pour le public métal tout groupe particulièrement péchu et usant d'électronique.

Techno-indus

L'un des derniers sous-genres apparus, la techno-indus, aussi nommé indus rythmique ou rythmic noise, est le fruit de la rencontre entre la tendance bruitiste que l'on peut trouver dans l'industriel des débuts ou bien dans le death-indus et le noise, avec la tendance purement rythmique de la Techno hardcore.

Le rythme est le cœur même de la techno-indus, rapide et puissant, parfois basique, parfois très complexe; on voit souvent une parenté avec le breakcore. Triturés, salis, saturés, les sons électroniques ou bien échantillonnés se mettent au service du rythme dans ce style. Apparu au milieu des années 1990, le genre s'est épanoui particulièrement dans les labels Ant-Zen, Hymen ou Hands, avec des artistes tels que Synapscape, Imminent Starvation, Winterkälte, Converter, Hypnoskull ou Sonar.

 

 

Genres et sous-genres

Le terme même de musique industrielle pose aujourd'hui un vrai problème de terminologie, tant le champ d'expérimentation s'est élargi, faisant se côtoyer des expérimentateurs acharnés ne cédant en rien à la facilité, aussi bien que des artistes beaucoup plus accessibles, constituant une branche presque mainstream de ce mouvement. Malgré tout, on peut reconnaître une parenté entre ces différentes branches, que ce soit par le recours à une symbolique forte, une politisation assumée du message, le recours au bruitisme, la recherche de l'extrême, la mise en valeur du rythme, ou encore une utilisation constante de l'électronique.

EBM

L'Electronic Body Music, abrégé en EBM, est un terme inventé par le groupe Front 242 pour qualifier leur musique électronique, froide et dansante. Ce groupe belge commence sa carrière dès 1982 avec l'idée de faire une musique de danse européenne, débarassée des influences afro dominantes à l'époque, que ce soit via le rock ou le disco. Des rythmes électroniques froids et minimalistes vont constituer l'armature de ce nouveau genre, influencé aussi bien par l'électropop de Kraftwerk que par la fusion électro-rock de Suicide.

Le mouvement initié par Front 242 fait rapidement quelques émules avec notamment les Anglais de Nitzer Ebb, les Allemands de DAF, les français de Die Form... que l'on retrouve typiquement sur des labels comme Off Beat, Zoth Ommog, Pendragon, Metropolis... Ce genre va également influencer notablement les créateurs de l'électro-indus tels que Frontline Assembly ou Skinny Puppy. N.B. Petite rectification concernant le groupe Die Form. Celui-ci n'est pas un groupe EBM mais industriel.

Electro-indus

L'électro-indus, parfois également désigné sous le nom d'elektro, constitue en quelque sorte le chaînon manquant entre les sous-genres les plus extrêmes. Véhiculant toujours un message, moins bruitiste, recherchant une certaine structure, voire une indéniable démarche artistique, la musique industrielle s'adoucit quelque peu à la fin des années 1980 avec l'électro-indus et reçoit ses premières influences issues de l'EBM. Skinny Puppy et Frontline Assembly sont alors les chefs de file de cette tendance très diversifiée, sans doute la plus versatile du mouvement indus.

À partir du début des années 1990, un rapprochement s'opère avec le milieu de la musique gothique, qui va présider à l'apparition de nombreux projets de musique électronique sombre tels que Wumpscut, VNV Nation, Project Pitchfork, Leæther Strip, constituant d'une part le gros de la scène darkwave, et d'autre part, un rapprochement avec la new wave sous le nom de synthpop.

Noise

Dans la recherche des extrêmes omniprésente dans la musique industrielle, une tendance se distingue par son obsession du bruit, de la destruction sonore, visant aussi bien à choquer qu'à rendre mal à l'aise par un véritable nihilisme auditif. Courant initié par Whitehouse et NON au tout début des années 1980, il se caractérise par une imagerie extrême associée à des parties vocales saturées et scandées, visant à pousser l'auditeur dans ses derniers retranchements.

Une fois le bal ouvert, les Américains et les Japonais se sont distingués, deux nations grandes spécialistes de l'extrémisme sonore : The Haters, Smell & Quim, Merzbow ou Masonna par exemple, ont poursuivi cette recherche du « jusqu'auboutisme sonore » avec l'utilisation comme base des sons provenant de différentes sources (électricité, métal, ondes, feu...).

Depuis quelques années est apparue une version européenne de cette volonté bruitiste avec le « power electronics », représenté surtout par des Allemands comme Genocide Organ ou Dagda Mor.

Dark-ambient

Si le rythme est souvent privilégié dans la musique industrielle, il existe également de nombreux projets explorant les possibilités d'une musique plus calme ou destructurée, plus organique, mais souvent à la limite du noise, à la recherche d'un sentiment de malaise ou d'angoisse : drones, échos, nappes pesantes, cris, tintements, échantillonnages organiques sont souvent utilisés dans ce style.

C'est, à vrai dire, une voie d'exploration qui a existé dès les débuts de l'industriel, puisque les fondateurs tels que Throbbing Gristle s'y sont intéressés. Parmi les projets les plus éminents qui s'inscrivent dans cette tendance, on peut citer le maître incontesté Lustmord, mais aussi Zoviet France, Nocturnal Emissions, Raison d'Être, Aube, Caul ou Inade...

Dark-folk

Alors que certains projets industriels entamaient une radicalisation de leur son, d'autres tirant leurs origines du post-punk menaient leur recherche de radicalité plutôt dans le propos, les textes ou l'imagerie. Guitares sèches, déclamations lancinantes et rythmes martiaux sont caractéristiques de la dark-folk (aussi connu en tant que neofolk), dont les plus éminents représentants sont des groupes tels que Current 93, Death In June, The Moon Lay Hidden Behind A Cloud, Sol Invictus, Der Blutharsch. Les labels les plus connus sont World Serpent, Coldmeat Industry, Hau Ruck!, Eis & Licht, Galakthörö...

Le message des groupes dark-folk s'est généralement développé autour de l'Europe et de sa culture, de son histoire violente, dans un mélange de nostalgie, de reproche et de mise en garde apocalyptique. Ce discours très euro-centré, qui n'est pas sans entretenir le second degré et l'équivoque, a hélas attiré le discrédit sur une partie de la scène dark-folk, qui alimente bon nombre de polémiques.

Dans la même mouvance musicale, on peut citer le néo-classique, avec des groupes comme Sophia, Predella Avant ou Land qui, au travers d'une musique nostalgique et orchestrale, cherchent à évoquer le souvenir d'un temps évanoui.

Death-indus

On pourrait désigner le death-indus comme le jumeau indus du death metal. Apparus à la fin des années 1980 sur le label Coldmeat Industry, des projets comme Brighter Death Now, Megaptera, Deutsch Nepal ou Raison d'Être, tous d'origine scandinave, ont apporté un nouveau souffle à la scène industrielle avec leur musique très pesante, aux ambiances apocalyptiques, souvent à la limite du noise.

 

 

 

 

 

 

Si le style tourne aujourd'hui en rond après une période faste, des influence plus techno ou trance que hardcore se font aujourd'hui sentir avec des groupes comme This Morn'Omina.

Indus ritualiste

La musique industrielle est le terrain de nombreuses expérimentations, parmi les plus surprenantes. C'est ainsi que de nombreux groupes et projets se sont intéressés au caractère ritualiste de certaines musiques, ainsi qu'à ses potentialités en tant que support de concentration, notamment dans une pratique occulte. Un certain nombre de groupes, dont le plus connu est sans doute Coil, revendiquent une authentique dimension magique dans leur musique (souvent des pratiques de magie du Chaos). D'autres, tels que Ah Cama-Sotz, ne s'intéressent a priori qu'à la dimension musicale.

 

 

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